Histoire des principales acquisitions
Des origines jusqu’à nos jours
Cette chronologie constitue un choix qui se veut concis et éclairant, mais forcément limitatif, dans une histoire qui appellerait des développements d’une tout autre densité. La chronologie est centrée sur l’histoire des acquisitions même si elle intègre d’autres éléments en relation indirecte avec celle-ci. En revanche, l’histoire des projets successifs de nouveaux bâtiments n’est pas évoquée ici car elle relève d’une histoire continue spécifique. Pour des raisons de concision et de clarté, de nombreuses donations au nombre plus limité sont absentes de cette chronologie : la sélection s’est faite selon un critère quantitatif et non qualitatif.
1864 : Le chanoine Edmond Reusens, titulaire de la chaire nouvellement créée d’antiquités chrétiennes et d’archéologie, acquiert les premiers moulages de la collection universitaire.
1909 : Le Professeur Edouard de Jonghe, titulaire d’un cours d’ethnographie générale et d’ethnographie du Congo au sein de l’École du Commerce, constitue, à l’occasion d’une mission dans la nouvelle colonie, une importante collection d’objets avec l’aide de plusieurs ordres missionnaires.
1910 : Le Recteur Mgr Paulin Ladeuze conçoit le projet d’un« musée biblique » destiné à rassembler des témoignages archéologiques de la Palestine ancienne.
1919 : Le traité de Versailles impose à l’Allemagne des restitutions en dédommagement des manuscrits, incunables, livres précieux et oeuvres d’art détruits lors de l’incendie des Halles universitaires en 1914. Une importante collection de moulages sera alors constituée par le professeur Fernand Mayence.
1968 : Le Conseil d’administration de la nouvelle UCL francophone, encore située à Leuven, entérine l’intégration à son patrimoine du legs Frans Van Hamme centré sur l’histoire de la sculpture dans nos régions, du gothique au baroque. De leur côté, les collections historiques font l’objet d’un partage entre les deux universités. Le jeune Professeur Ignace Vandevivere (30 ans) est déjà au coeur des négociations.
1971 : Pose de la première pierre de Louvain-la-Neuve.
1975 : L’abbé Adolphe Mignot fait don à l’Université de sa riche collection de vases antiques : l’acte prévoit qu’ils rejoindront matériellement le futur musée après son décès.
1979 : La faculté de Philosophie et Lettres est la dernière à déménager de Leuven à Louvain-la-Neuve. En son sein, le musée est inauguré le 22 novembre avec le Professeur Vandevivere comme directeur. Les collections permanentes sont centrées sur quatre axes majeurs : la sculpture ancienne (legs F. Van Hamme), l’art africain, l’archéologie classique (principalement le fonds Mayence) et la collection de moulages.
1981 : Le don par Madame R. de Strijcker d’une collection d’objets asiatiques ouvre une fenêtre vers une autre civilisation extra-occidentale que l’Afrique.
1984 : Le graveur belge Gustave Marchoul initie une démarche systématique de donation de son oeuvre au musée. Il contribue ainsi avec d’autres artistes à ouvrir les collections permanentes à l’art du temps présent.
1985 : Création de l’association des amis du musée.
1986 : Serge Goyens de Heusch fait don au musée d’une soixantaine d’oeuvres représentatives de l’art belge d’après-guerre (Gaston Bertrand, Louis Van Lint, René Guiette, etc. ). D’ores et déjà, rendez-vous est pris pour faire un jour du Musée de Louvain-la-Neuve un musée de référence pour l’histoire de l’art belge au 20ème siècle.
1988 : Les artistes céramistes qui avaient participé l’année précédente à l’exposition Briksteen font don des oeuvres réalisées à cette occasion. La dynamique des expositions temporaires contribue ainsi directement à l’évolution des collections.
1989 : Le don par Luc Matton d’oeuvres du sculpteur Arsène Matton permet de confronter imaginaire colonial et art africain.
1990 : Inauguration du legs du Dr Charles Delsemme. Depuis plusieurs années, ce médecin liégeois cherchait un musée qui puisse accepter ce « tout voulu » qu’était à ses yeux sa collection couvrant une diversité d’époques et de cultures. Le donateur avait été séduit par l’espace du musée et plus encore par sa politique de croisement des oeuvres. Désormais, le « dialogue » allait devenir un pilier de l’identité et de l’image du musée.
1993 : Le musée déclare cette année « année du patrimoine » posant ainsi la question de l’équilibre dans les musées entre expositions temporaires
d’accueil et valorisation des collections permanentes.
1994 : Inauguration du Fonds Suzanne Lenoir. Il s’agit d’une collection d’environ 1500 estampes rassemblées par Eugène Rouir couvrant l’histoire de cet art (des origines à 1970 environ). À côté de la sculpture, la gravure s’impose alors comme un médium de prédilection du musée.
1997 : Inauguration de la donation Noubar et Micheline Boyadjian. Son volet art et piété populaires s’inscrit dans une attention ancienne du musée pour l’art des anonymes. Son volet art naïf international permet une réflexion sur les marges de l’art moderne. Son volet art moderne belge, centré sur l’art figuratif du premier quart du 20ème siècle, complète heureusement les collections centrées sur la peinture abstraite d’après-guerre. Deux ans plus tard, Micheline Boyadjian donnait un riche ensemble de son oeuvre peint.
2001 : L’arrivée de la collection Mignot suite au décès du donateur (voir 1975) consacre l’importance du domaine de la céramique antique dans nos collections. Entre-temps, le fonds ancien d’archéologie méditerranéenne avait été complété par les dons de M.-J. Theodor (1988) et de l’Abbé Zech (1989).
2002 : Inauguration de la donation Eddy Meeùs qui porte sur le dessin belge des dernières décennies du 20ème siècle. Le dessin y est affirmé comme un médium privilégié pour une ville grand ouverte à la jeunesse.
2004 : Le musée fête ses 25 ans d’existence par une exposition portant sur l’ensemble de ses fonds et animée par le principe du dialogue. Cette année est endeuillée par la disparition du fondateur du musée, Ignace Vandevivere, acteur central de la politique d’acquisition. Le musée traverse une période d’incertitude tant en termes de gouvernance que d’identité en attendant que la question de sa direction soit tranchée. Le principe du dialogue et la place de l’art contemporain au musée font l’objet d’un débat.
2005 : Comme annoncé depuis longtemps, Serge Goyens de Heusch poursuit sa politique de don en donnant plus de sept cents peintures et estampes. L’artiste le plus représenté est Pierre-Louis Flouquet, acteur de l’abstraction des années vingt.
2007 : Le nouveau directeur du musée, le Professeur Joël Roucloux, explique sa politique à l’occasion du vernissage de la première exposition de son mandat (Goya, Mirò, Picasso, estampes espagnoles). L’importance d’un patrimoine diversifié, fruit d’une longue histoire d’acquisitions, est solennellement réaffirmée. Il insiste sur l’importance de mieux spécifier les grands ensembles des collections (histoire des civilisations et art du 20ème siècle) sans que cela conduise le moins du monde à renoncer au principe du dialogue. Grâce au legs Delsemme, celui-ci reste en effet au coeur de l’exposition permanente. Une place sera faite à l’art du temps présent dans le programme d’expositions temporaires en collaboration avec les partenaires académiques et culturels environnants.
2008 : Inauguration du legs Roger Van Ooteghem centré sur le mouvement parisien de la Figuration narrative. Troisième volet des donations Serge Goyens de Heusch : il se confirme que les artistes de la Jeune Peinture Belge sont une ligne de force de ce patrimoine avec, notamment, Gaston Bertrand et Mig Quinet.
2009 : L’exposition sur Les Images d’Épinal révèle la richesse de ce fonds donné en complément à la donation N. et M. Boyadjian. Parallèlement, et toujours grâce à la même donatrice, de nouvelles oeuvres liées à l’art populaire (images de piété et automates) rejoignent les collections du musée.
Aujourd’hui : La politique d’acquisition du musée ne consiste plus, du moins provisoirement, à ouvrir de nouveaux domaines mais à consolider la maîtrise de la collection constituée au fil du temps. Et ce, en favorisant les oeuvres qui constituent des articulations, des passages entre les domaines déjà représentés.