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Autoportrait, xylographie, 1939.

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PRÉSENTATION DE L’EXPOSITION

GASTON BERTRAND. Éléments biographiques

PROGRAMME D’ANIMATIONS

INFORMATIONS PRATIQUES


Du 07 mai au 22 août 2010



Il s’agit d’un processus de décantation, de recherche de pureté de la forme et de la matière. Bref, un équivalent plastique d’une impression ressentie. Ce sont, si vous voulez, des images mentales et sensibles, organisées selon les lois propres à la peinture.

Gaston Bertrand, 1965.





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par le Prof. Joël Roucloux, directeur du musée


Grande figure debout, 1944 – 1947. Peinture à l’huile sur toile. Inv. n° AM1520. Donation S. Goyens de Heusch. Les anniversaires constituent une bonne occasion de rappeler à notre souvenir l’oeuvre des artistes. Après Lismonde et Van Lint, voici venu le centenaire de la naissance de Gaston Bertrand (né le 2 septembre 1910 exactement). Mais alors qu’il s’agissait pour les deux premiers, d’un hommage discret en marge des expositions principales, l’exposition présente marque le dernier événement de notre saison 2009-2010. En effet, depuis les deux donations Serge Goyens de Heusch de 2005 et 2008, Gaston Bertrand est devenu, après Pierre-Louis Flouquet, l’artiste le plus représenté dans nos collections. Une rétrospective lui avait cependant déjà été consacrée il y a maintenant vingt-cinq ans en nos murs : c’est d’ailleurs le Musée de Louvain-la-Neuve qui avait publié à cette occasion le premier ouvrage consacré par Serge Goyens de Heusch à l’artiste : Gaston Bertrand. Une poétique de la distance.

Cette exposition sera sans doute l’occasion de s’interroger sur la place de cet inclassable dans l’histoire de l’art belge de la seconde moitié du 20ème siècle. Grâce à des initiatives dissonantes avec l’air du temps, en pleine période sombre de l’Occupation (La Route Libre, Apollo 41), Gaston Bertrand est unanimement considéré avec Louis Van Lint et Anne Bonnet comme l’un des pionniers du renouveau artistique d’après-guerre symbolisé par l’association La Jeune peinture belge (1945-1948). Pour rappel, celle-ci ne promouvait pas une esthétique univoque mais entendait célébrer les retrouvailles entre une certaine tradition et une certaine modernité à travers l’expression de tempéraments singuliers.

Bientôt cependant, la plupart des artistes choisirent un « camp » – abstraction géométrique radicale, gestualité lyrique, réalisme social – tandis que Cobra affirmait un discours de rupture beaucoup plus marqué avec la « tradition ». De « pionnier » qu’il était, Gaston Bertrand est devenu un artiste, au fond, « atypique » dès avant la crise de l’abstraction autour de 1960. C’est que l’abstraction chez lui reste toujours allusive dans un dialogue avec le référent, souvent de nature architecturale. Son oeuvre apparaît ainsi ponctué par les découvertes successives de nouveaux motifs au gré de ses voyages (Chapelle Médicis à Florence ou Abbaye de Montmajour, par exemple) plutôt que par les grands tournants de l’actualité artistique internationale. Pour Serge Goyens de Heusch, c’est justement ce caractère « inclassable » – eu égard aux normes de son temps – et atemporel qui confère à Gaston Bertrand une position prééminente sinon unique*. Mais l’autonomie vis-à-vis des courants enveloppe aussi souvent un risque de marginalisation. Gaston Bertrand en fut partiellement protégé grâce, notamment, au soutien d’un grand conservateur de musée comme Philippe Roberts-Jones, aujourd’hui Président de la Fondation Gaston Bertrand ou de grands collectionneurs comme les époux Goldschmidt. Leur legs, riche en oeuvres de Bertrand, fut inauguré en 1989 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.


Mais si l’oeuvre de Gaston Bertrand peut être confronté aux grands courants de son temps, il peut aussi être saisi dans le temps suspendu du processus de création. Les principaux auteurs qui ont écrit sur Gaston Bertrand insistent sur le rôle du dessin chez lui et plus généralement sur la dimension proprement graphique de son oeuvre même dans les peintures où il se révèle un coloriste significatif de son temps. D’où l’importance dans une exposition comme celle-ci de ménager un espace significatif à l’oeuvre graphique. Gaston Bertrand apparaît ainsi comme un maître de la ligne qui aura toujours voulu creuser son propre sillon sans se préoccuper de savoir s’il recoupait les routes supposées principales de la création de son temps.

* S. Goyens de Heusch, Art belge au XXème siècle, Bruxelles, 2006, p. 52.


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Vincennes-Neuilly (XXVIII), 1966. Aquarelle et tempera sur papier. Inv. n° AM250. Donation S. Goyens de Heusch 1910 Naissance le 2 septembre à Wonck-sur-Geer, Limbourg (aujourd’hui en Province de Liège). Son père exploite à Wonck une petite manufacture de tressage de paille.

1927-1937 Bertrand débute sa formation à l’École Saint-Luc de Molenbeek-Saint-Jean où il est inscrit aux cours de publicité et de décoration (durant quatre ans). Il suit, ensuite, des cours à l’Académie de Bruxelles et réalise ses premières gravures sur linoléum, puis sur bois. À partir de 1936, il est inscrit à l’École des Arts du Dessin de Saint-Josse-ten-Noode, où il se lie d’amitié avec Louis Van Lint et Anne Bonnet. En 1937, il obtient au concours de Rome, une bourse lui permettant l’année suivante de séjourner un mois à Paris.

1939-41 Avec Louis Van Lint et Anne Bonnet, est cofondateur, en 1939, du groupe La Route Libre qui tiendra sa seule exposition l’année suivante, à Bruxelles. En 1941, Apport succède à la Route libre. Bertrand traite notamment en peinture les thèmes de la foule. L’État belge acquiert une première œuvre (1939).

1942 Première exposition personnelle à la galerie Dietrich, à Bruxelles.

1944-1945 Se démarquant du sage climat « animiste » qui règne sur l'art belge, il se voit défendu par Robert Delevoy et sa galerie bruxelloise Apollo. Il collabore à la fondation de La Jeune Peinture Belge (1945) qui entend servir l’art belge vivant, sans doctrine, ni tendance (elle ouvre la voie à l’art abstrait). Laissant libre cours à la subjectivité de sa vision, Bertrand soumet ses sujets de prédilection (des intérieurs, des portraits de proches et des scènes de plage) à une palette ascétique de gris et de noirs.

1946-1948 Il participe à plusieurs expositions à l’étranger, sous l’égide de La Jeune peinture Belge, ainsi qu’à Venise, dans le cadre de la 24ème Biennale (1948). Il prend part également à une exposition d’artistes belges organisée au Brooklyn Museum de New York. Lors d’un séjour estival à Coxyde (1948), il exécute des aquarelles inspirées par les dunes et le rivage qui le mènent progressivement à des recherches de type abstrait.

1949-1952 Des aquarelles intitulées Géométrie constituent les premières œuvres vraiment abstraites de l’artiste. Les peintures très architecturées qui suivent seront les seules n’ayant que peu de rapport avec une réalité observée. Il est cofondateur d'Espace (1952), groupe éphémère qui tenta d’établir un dialogue entre peintres, sculpteurs, architectes et décorateurs. Une exposition personnelle se tient au Palais des Beaux-arts de Bruxelles (1952).

1953 Convaincu de la vertu de la géométrie dans la peinture, Bertrand étudie le nombre d’or. Il effectue durant deux mois, avec Betty sa compagne, un voyage en Italie qui marquera profondément son œuvre. Ce voyage révèle sa prédilection pour l’architecture comme source d’inspiration (les voûtes en berceau de la Chapelle des Médicis, à Florence). L’effacement du sujet résulte dès lors d’une appropriation subjective par l’artiste. La même année, il connaît sa première exposition personnelle à l’étranger, à la Stable Gallery de New York et reçoit le 1er prix d’acquisition à la IIe Biennale de Sao Paulo.

1956-1962 Il dirige l’atelier supérieur de peinture de l’École Supérieure Saint-Luc à Saint-Gilles (qu’il reprendra ensuite de 1966 à 1968, mais en laissant l’animation journalière à Camille De Taye, son ancien élève). Il tente d’éveiller l’attention de ses élèves, les incitant à dévoiler l’essentiel, tout en leur inculquant de solides connaissances techniques.

1957 Lors d’un voyage en Provence, il découvre l’abbaye cistercienne de Montmajour. L’élévation spirituelle et le rayonnement sacré qu’il ressent dans ces ruines trouvent d’emblée un écho, déjà latent dans son oeuvre. À partir de dessins in situ, il réalisera une série importante d’aquarelles et de peintures sur ce thème.

1958 Le critique d’art Paul Caso écrit qu’il « apparaît comme le principal des artistes non-figuratifs de notre pays ». Il peint durant l’été, deux fresques dans l’église Sainte-Julienne de Salzinnes, près de Namur. En Espagne, il découvre les peintures rupestres des grottes préhistoriques d’Altamira, desquels il tirera plus tard un nombre important de dessins et d’aquarelles.

1959 Il réalise sa première aquarelle sur le thème du métro parisien : Pigalle direction mairie d’Issy. Ses labyrinthes voûtés, ses suites de couloirs et d’escaliers sous arcades allaient inspirer à l’artiste de nombreuses oeuvres durant les vingt années à venir.

1960 Bien qu’il n'ait d'attache avec aucune galerie à Bruxelles, il expose régulièrement à Paris, à la galerie La Roue. Il s’y installe dans le studio-atelier qu’il a acheté. Il y passera chaque année quelques mois avec sa compagne, nourrissant ainsi le thème du métro à travers de nombreuses aquarelles. Dans les années soixante, il participe à de nombreuses expositions à l'étranger.

1962 Lors d’un voyage en Provence, il s'éprend des villages de Saint-Martin-Vésubie et Venanson, revenant quatre années de suite ; leurs ruelles suscitent en lui un grand intérêt et un nouveau type de composition.

1966 Séjourne à Venise à l’occasion de la 33ème Biennale, où il expose une cinquantaine d’huiles et d’aquarelles. Les notations prises, à cette occasion, de la place et la basilique Saint-Marc seront à l’origine d’une série de grandes temperas et de dessins, réalisés durant les vingt années à venir.

1969-1979 Une reconnaissance officielle arrive. Il est membre de l’Académie royale de Belgique, dès 1969. En 1972, une première importante monographie lui est consacrée par Francine-Claire Legrand (conservatrice de la section d’Art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique). La même année, il est nommé Grand Officier de l’Ordre de la Couronne et Chevalier de l’Ordre de Léopold (dont il est nommé Grand Officier, en 1979). En 1974, une rétrospective est organisée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Par ailleurs, il réalise de nombreux portraits.

1984 La Fondation pour l’Art belge contemporain organise à Bruxelles, l’exposition Les Bertrand de Gaston Bertrand qui sera montée l’année suivante au Musée de Louvain-la-Neuve. À cette occasion, le musée publie la monographie Gaston Bertrand, une poétique de la distance, par Serge Goyens de Heusch.

1986 Constitution de la Fondation Gaston Bertrand, destinée à promouvoir l’oeuvre de l’artiste.

1992 Il réalise ses dernières oeuvres.

1994 Gaston Bertrand décède brusquement dans la nuit du 21 au 22 février. Son œuvre est pris en charge par la Fondation Gaston Bertrand qui organisera par la suite plusieurs expositions et éditera plusieurs ouvrages, notamment le catalogue raisonné de l’oeuvre peint.


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Conférence, visites guidées et ateliers créatifs


Montmajour XI, 1959. Aquarelle sur papier. Inv. n° AM1536. Donation S. Goyens de Heusch - Samedi 15 et dimanche 16 mai 2010 : visites guidées pour adultes et ateliers créatifs à l'occasion du Printemps des musées.

- Jeudi 20 mai 2010 à 13h : Visite découverte de l’exposition pour les adultes.

- Mercredi 26 mai 2010 à 20h : Conférence donnée par Serge Goyens de Heusch sur Gaston Bertrand.

- Mercredi 2 juin à 14h et vendredi 4 juin à 16h : Ateliers créatifs pour enfants de 7 à 12 ans sur l’exposition Gaston Bertrand. Un maître de la ligne

- Dimanche 6 juin 2010 à 15h : Visite gratuite du premier dimanche du mois. Celle-ci mettra particulièrement l'accent sur l'exposition. Calendrier des autres dimanches gratuits pendant l’exposition : 4/07 et 1/08.

Pour avoir plus d'informations sur ces événements, consultez l'agenda


Top INFORMATIONS PRATIQUES


L'exposition est visible jusqu'au 22 août 2010,
du mardi au vendredi de 10h à 18h
samedi et dimanche de 14h à 18h


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