Les moulages d'art chrétien (1864 - 1958)

 

Suite aux vœux de l’Assemblée Générale des catholiques tenue à Malines en 1863, l’Université catholique de Louvain prit la décision de créer un cours d’antiquités chrétiennes et d’archéologie. Il est confié dès 1864 au chanoine Edmond Reusens (1831-1903).

La première mention attestée d'une collection de moulages destinés à l'enseignement de l'archéologie (chrétienne) remonte ainsi à l'année 1864. Il s'agit de 15 feuilles libres, manuscrites, reprenant la liste des dépenses pour des acquisitions et frais engagés de 1864 à 1875 pour le "Musée archéologique". Sur la première page de ce relevé sont reprises des dépenses pour le mois de décembre 1864, une somme de 192,20 francs pour des "Objets en plâtre moulés à l'exposition des objets d'art de Malines" (Voir histoire de la collection). Au mois de mars 1865, un montant de 285,00 francs a été payé pour des "Objets moulés en plâtre fournis par Baroni", et en juillet de la même année, ce sont 100,00 francs qui sont payés pour le "Moulage de la porte romane de l'hôpital civil à Louvain." Le total des dépenses consenties pendant dix ans pour l'acquisition, le transport, la mise en place, la "gravure d'étiquettes pour marquer les objets du musée", l'entretien des collections (mais aussi l'achat de photographies isolées ou en albums, le paiement de la cotisation pour la "Société de moulage de Louvain") se monte à 2.379,52 francs de l'époque. La dernière mention de dépense fait allusion à l'installation des collections dans "le nouveau local".


En ce qui concerne les moulages acquis, relevons, outre ceux déjà cités, les achats suivants :

Date Désignation Montant
Janvier 1867 Plâtres de M. Béthune de Gand 65,50
Septembre 1867 Moulages provenant del'église de la Chapelle à Bruxelles 41,00
2e semestre 1868 Moulages provenant de l'église de la Chapelle à Bruxelles 10,00
Février 1869 Moulages expédiés de Tournai 28,00
Juillet 1869 Objets en plâtre envoyés par M. De Béthune de Gand 45,00
Novembre 1869 Monument funéraire de Tournai (plâtre) 22,00
Novembre 1869 Différents objets moulés en plâtre 25,00
Juin 1870 Objets en plâtre envoyés par M. Béthune 42,80
1er semestre 1872 Moulages destinés à être envoyés en échange 78,00
1er semestre 1874 Moulages fournis par la Société provinciale à Liège 103,00
1er semestre 1874 Fonts de St Barthélémy à Liège (plâtre) 60,00

Dès 1866, le "Musée archéologique" est membre de la "Société pour le moulage et la reproduction d’objets d’art religieux" société que E. Reusens avait fondé en 1865, dont il était le président, Adolphe Delvigne en étant le secrétaire. La cotisation annuelle était alors de 15 francs !

Les articles 5 à 7 des statuts nous éclairent sur les activités de la société.

Article 5: Le comité exécutif sur la proposition des membres honoraires, détermine le choix des objets à mouler ou à reproduire, fait, par lui-même ou par ses membres honoraires, les démarches nécessaires pour obtenir ces objets, et délègue l'un de ses membres pour surveiller l'opération du moulage ou de la reproduction.

Aricle 6: Les objets à mouler, toujours pris parmi des oeuvres d'art religieux, ne seront pas de grande dimension.
Article 7: Ces objets, destinés à l'étude, seront choisis parmi les plus beaux spécimens de l'art religieux, soit du moyen âge (style roman et ogival), soit de la renaissance, tels que bases de colonnes, chapiteaux, fragments de nervures, ivoires, calices, pieds ou noeuds de calice, de reliquaire et d'ostensoir, couvertures de livres liturgiques, chandeliers de grandeur moyenne au maximum, encensoirs, pentures, ferronerie, etc. On ne reproduira que des objets conformes aux prescriptions liturgiques.

La liste "des objets reproduits par le moulage pour les membres de la Société" pour l'année 1866 est en effet exemplative de quelques uns de ces objets reproduits par le moulage:

Désignation
Localisation de l'original
Date
Chandelier d'autel Bruges, Soeurs noires (expo Malines n°618) XIIe s.
Console Walcourt, Eglise Notre-Dame XIVe s.

Serrure à verrou à côtes plates

Louvain, église Saint-Pierre 1ère moitié XVe s.
Rondelle en fer ouvragé à jour Louvain, église Saint-Pierre 1ère moitié XVe s.
Extrémité de penture Louvain, église Saint-Pierre 1ère moitié XVe s.
2 rondelles en fer ouvragé à jour Louvain, église Saint-Pierre 1ère moitié XVe s.
Encensoir en cuivre collection P.D. Kuyl XVe s.

Une liste de 15 objets du même type existe pour la deuxième année d'activité de cette société, soit en 1867-1868. On y notera en particulier sous le numéro 14: "Statuette de la Sainte Vierge, debout, couronnée, tenant l'Enfant Jésus sur le bras gauche et un sceptre à la main droite. Elle est en bois de buis, et sa hauteur est de 0 m.24. Cette production de l'école allemande de la fin du XIVe siècle, a figuré en original à l'Exposition de Malines; voyez le numéro 96 du Catalogue. Cette oeuvre appartient à Monsieur le Chanoine Béthune, professeur d'archéologie au séminaire de Bruges. Nous la reproduisons à la demande d'un grand nombre de souscripteurs."

Le manque de documents ne permet pas, à ce jour, de connaître la suite des activités de cette société ni l'état des collections des moulages d'art chrétien jusqu'à la fin du XIXe siècle à l'UCL.

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En 1904, le chanoine René Maere succéda à Edmond Reusens et organisa le programme d'enseignement selon trois greans axes : l'art paléochrétien (catacombes, basiliques) formera une unité, l'art byzantin sera enseigné en alternance avec l'iconographie chrétienne et le mobilier religieux, l'archéologie du moyen âge sera complétée par l'histoire de l'art de la Renaissance et des Temps modernes. De 1903 à 1908, R. Maere a ainsi vraiment jeté les bases de la future section d'archéologie chrétienne. Cette organisation a certainement été accompagnée de la constitution de matériel (images) et collections didactiques. Un riche ensemble d'estampages, encore conservé, réalisé dans les catacombes de Saint-Jean de Latran , a probablement été acquis à ce moment en complément aux anciennes collections de moulages. Celles-ci forment, selon une note manuscrite non datée de R. Maere «une partie notable du musée d'archéologie» tout en déplorant dès 1904 le fait que «ce musée n'ait malheureusement pas pu se développer». Une partie au moins des collections universitaires concernant l'art chrétien était rassemblée dans les Halles universitaires; une autre (fragments d'éléments d'architecture) était rangée dans une salle à l'étage du Collège Marie-Thérèse, abritant les Ecoles spéciales de l'Université. La collection ainsi constituée fut très fortement endommagée durant le premier conflit mondial. Dans la publication du rapport d'activités de l'UCL pour les années 1915-1919, le recteur Mgr. P.Ladeuze notait à propos des locaux du Collège Marie-Thérèse :"La collection des plâtres servant aux leçons d'architecture fut jetée par les fenêtres."

Les restitutions en dédommagement des destructions subies par l'UCL imposées par le traité de Versailles comportaient également des moulages destinés au Musée archéologique. R. Maere prépara l'organisation de la section du Musée d'art chrétien principalement au départ de cet ensemble de reproduction en plâtres d'œuvres célèbres. Il était en effet adversaire d'une collection faite d'objets originaux rassemblés de quelque manière que ce soit à la différence du chanoine R. Lemaire, qui comme architecte arpentant de nombreux chantiers de restauration de bâtiments, constitua une collection lapidaire dont quelques éléments subsistent encore dans l'inventaire du musée. Dans un lettre adressée le 8 décembre 1922 au recteur P. Ladeuze, René Maere note à propos des moulages : «J'ai fait un programme idéal de ce qu'une collection universitaire pourrait comprendre, mais il ne serait pas du tout nécessaire de la réaliser en entier, pour qu'il fut utile. Il est évident qu'il faudrait renoncer à des ensembles trop volumineux et s'en tenir avant tout à des fragments isolés d'architecture ou de sculpture.» Et d'ajouter : «Je me permets aussi, Monseigneur, d'appeler votre attention,c'est peut être inutile, sur le fait que l'installation du musée : main d'oeuvre, socles, vitrines, etc. demandera des frais assez considérables».
La réponse du recteur, datée du lendemain, donne le ton comme à l'accoutumé «Si je remets ce document à M. Stainier, il n'en sortira rien. Dans chacun des chapitres, il faudrait préciser les acquisitions à faire, et même déterminer une à une les pièces à acquérir. Un musée universitaire d'enseignement ne doit évidemment pas tout renfermer, mais seulement les pièces typiques; ne faudrait-il même pas écarter celles qu'on peut facilement voir à Bruxelles, au Cinquantenaire ? Il y a donc un choix assez minutieux à faire. Je voudrais vous proposer d'avoir un entretien avec M. Mayence, qui a maintenant de l'expérience et qui peut vous indiquer comment il faut procéder. Nous avons une belle occasion de nous faire un bon musée universitaire didactique d'art et d'archéologie». Sur la réponse du recteur, R. Maere note en marge : "1) difficile de faire un programme précis quand on ne dispose pas d'un catalogue précis. 2) inutile de tenir compte de ce que le Musée du Cinquantenaire possède, il serait impossible d'acquérir une collection en dehors de ce qu'il possède déjà".

La liste complète de la demande définitive des moulages demandés à l'Allemagne n'est malheureusement pas conservée mais une note de R. Maere rédigée probablement pour une notice dans l'annuaire des étudiants de 1938 évoque certaines œuvres. Ce fonds destiné d'abord au gouvernement Serbe et attribué ensuite à l'Université catholique de Louvain «comprend surtout des moulages de sculptures italiennes du XVe siècle : citons un tombeau monumental de Ste- Marie-du-Peuple à Rome (San Savino), un retable d'autel de Lucques (della Quercia), des bas-reliefs de Padoue (Donatello) etc. De grandes statues gothiques de Notre-Dame à Trèves appartiennent également à ce fond.» De nombreuses pièces portent d'ailleurs le sceau de l'atelier de Berlin. L'atelier de moulage des Musées royaux d'art et d'histoire a en outre complété l'ensemble venu d'Allemagne et les archives de cette institution devraient pouvoir nous éclairer à ce propos.

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En 1934/35, les collections rassemblées dans le bâtiment des Halles universitaires furent à nouveau réaménagées : le musée d'art chrétien occupait alors une salle au rez-de chaussée, le musée d'art classique, le premier étage; le musée d'art égyptien et oriental ainsi que les réserves étant situés à l'étage supérieur. Le second conflit mondial mit à nouveau à mal le patrimoine de l'Université. C'est le bombardement aérien allié du 12 mai 1944 qui toucha cette fois les halles. Si les clichés à projection et les photographies furent épargnés, les collections dans le musée eurent fortement à souffrir. Dès le 13 octobre les Ministres Pierlot et de Laveleye vinrent se rendre compte de l'état des bâtiments et des nouvelles pertes de l'Université. Il fut décidé dès le premier conseil de cabinet suivant cette visite que, vu l'étendue des dégâts, le gouvernement prendrait à sa charge la restauration des bâtiments et des installations à titre d'avance sur les dommages de guerre. Dans une correspondance ultérieure, concernant les dommages subis par les moulages de l'époque chrétienne, le professeur Jacques Lavalleye évoque "un semblant d'inventaire" dans les dossiers de Mgr R. Maere. Sur base de ces notes et de souvenirs personnels il dresse une liste de 63 objets et groupes d'objets détruits alors. On peut certainement y reconnaître des pièces acquises anciennement, y compris des productions de la Société des moulages de Louvain (chandelier, pentures, bases de colonnes...) ainsi que des moulages faisant partie de la restitution allemande après 1918 (Vierge et ange de l'Annonciation de la cathédrale de Trèves, Cème du choeur de Naumbourg, sept chandeliers du musée Schnütgen à Cologne, série d'ivoires byzantins du musée de Berlin...).

Au lendemain de ces heures tragiques, la première préoccupation des responsables de l'Institut d'archéologie et d'histoire de l'art fut donc la réorganisation et la réinstallation des outils d'enseignement et de recherches dans les halles. «A côté des salles d'expositions réservées au public, il y aurait les salles documentaires destinées plus spécialement aux œuvres d'importance secondaire. Nécessité de poser des étiquettes bilingues à côté de chaque œuvre exposée, de dresser un catalogue, de déterminer les jours et les heures d'ouverture des musées». La reprise normale des activités académiques offre au professeur Jacques Lavalleye, alors secrétaire de l'Institut, l'occasion de relancer la mise en ordre des collections des musées dans le bâtiment des halles dont l'état pitoyable est évoqué dans une lettre adressée le 20 février 1949 au recteur H. Van Waeyenbergh. Le 19 juin 1950 un véritable memorandum pour la réorganisation et la présentation du musée universitaire d'art et d'archéologie est présenté au recteur par J. Lavalleye comme une tâche urgente.
C'est à cette mission que, devenu président de l'Institut, il s'attela, tant dans les locaux des Halles qu'après l'installation de l'Institut supérieur d'archéologie dans les bâtiments de la rue des Flamands, dont l'inauguration officielle eut lieu le 14 novembre 1953. A partir de 1957, il pourra compter sur la collaboration précieuse de M. Jazeps Trizna. Après une évaluation chiffrée des pertes encourues durant la seconde guerre, des réparations aux pièces endommagées, des réaménagements et embellissements des espaces, ils cherchèrent à nouveau à augmenter les collections d'art chrétien. Ignace Vandevivere, alors assistant du professeur Lavalleye participa également à ce moment à une révision de l'inventaire des moulages de cette section.

Ignace Vandevivere, dessins d'inventaire de quelques moulages chrétiens et le moulage conservé M.36 (n°8)

Grâce à la collaboration de Monsieur Luc Hommel, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Langue et de Littérature, le professeur J. Lavalleye obtient encore la collaboration et l'appui financier du Baron van Zeeland pour la constitution, à côté d'une Chaire d'études bourguignonnes, d'un ensemble de moulages d'œuvres bourguignonnes et en particulier des sculptures de Claus Sluter. En 1956, le recteur Van Waeyenbergh est informé de l'avancement du projet. Grâce à un don d'une trentaine de milliers de francs , les bustes de Philippe le Hardi et de Marguerite de Male, le torse du Christ de Champmol et un pleurant du tombeau de Philippe le Hardi ont pu être achetés à l'Office des moulages des musées de France. Le souhait de pouvoir acquérir au moins deux prophètes du célèbre puits, au prix unitaire de 65.520 Frs de l'époque, a pu être réalisé plus tard.
La mise en place de cet ensemble fut l'occasion d'une cérémonie officielle le 19 février 1958 en présence des mécènes et des autorités académiques. Dans son allocution le professeur Lavalleye rappelle les richesses du musée chrétien visibles à côté de l'ensemble bourguignon inauguré et lance l'idée de l'acquisition par le musée d'œuvres qui rappellent la technique de la mosaïque (dont une acquisition avait déjà été faite à Ravenne en 1957), d'une reproduction d'une œuvre de Michel-Ange, et même la reproduction complète du tombeau de Philippe le Hardi ! Si ce vaste programme n'a pu être réalisé - la reproduction du tombeau précité était irréalisable - d'autres acquisitions ont été faites pour cet ensemble. Ce sont principalement trois reproductions de peintures bourguignonnes : le martyre de saint Vincent de la chapelle priorale de Berzé-la-Ville, le tombeau à gisant et pleurants de Philibert de Monthouz de l'église Saint-Maurice d'Annecy et la Madeleine de Pierre Spicre dans la Collégiale de Beaune. L'ensemble fut acquis pour la somme de 177.000 francs français de l'époque auprès de l'atelier du Musée des monuments français à Paris.

Le musée chrétien ré-inauguré en 1958, devient salle d'attente pour les inscriptions des étudiants en 1963.

Le 13 mai 1963, le professeur J. Lavalleye fait part de sa volonté de démissionner comme directeur de l'Institut d'archéologie et comme conservateur du musée d'art chrétien. En octobre de la même année, le recteur de l'Université est sollicité à propos de la situation du musée d'art chrétien. En séance du 13 janvier 1964, Monsieur P. Naster [secrétaire] fait part au conseil que "M.Roger Van Schoute est nommé [par la recteur] conservateur du musée d'art chrétien» tandis que «M. Ignace Vandevivere est proposé comme assistant par M. J. Lavalleye». La même année, l'installation du service des inscriptions des étudiants dans les espaces du musée chrétien constitua le chant du coq de cette histoire qui fêtait, hasard de l'histoire, son centenaire !

Un partage de la collection des moulages a été effectué en 1974 au moment de la mise en œuvre de la scission de l'université et du partage de son patrimoine mobilier. Il a été réalisé sous la houlettes des professeurs I. Vandevivere (pour l'UCL) et Jan Van Mol (pour la KUL). A la suite de cette opération, l'UCL conserve encore pour cette section quelque 290 moulages en plâtre, de sculptures, fragments architectoniques, panneaux de meubles, ivoires, statuettes ou objets en métal. Les années qui ont précédé le déménagement de l'Université de Leuven à Louvain-la-Neuve, et plus particulièrement celui de l'Institut supérieur d'archéologie et d'histoire de l'art (en 1979) furent marquées par la mise en ordre de ces collections. Au fur et à mesure d'une diminution d'intérêt pour les collections de moulages, l'idée de la création d'un musée au départ des collections d'objets originaux (au départ du legs Frans Van Hamme) se développa cependant. Présents dans quelques bâtiments de l'Univeristé (Halles universitaires, Bibliothèque générale des Sciences humaines) ces moulages de l'art chretien sont pour la plupart conservés, avec ceux de l'art antique, dans une réserve hors du musée.

 

Depuis le déménagement quelques pièces sont venues enrichir cette collection. Il s'agit de statues religieuses du XIXe siècle en plâtre données par la Fabrique d'église de Couvin (N.-D. de Lourdes, saint Joseph et saint Antoine de Padoue), des réductions de quelques figures du tombeau de Julien II de Médicis par Michel-Ange (le Jour, la Nuit, deux esclaves, Julien II), mais surtout onze moulages de clés de voûtes du cloître de l'abbaye Sainte-Gertrude à Louvain, dont certaines ont été détruites (don de la communauté des Bénédictines de Sainte-Gertrude à Louvain-la-Neuve).

 

©Musée de Louvain-la-Neuve / Bernard Van den Driessche / 2009

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