La présence de moulages parmi les oeuvres originales du musée :

quelques moments et événements au musée de Louvain-la-Neuve

 

La première apparition de moulages dans les salles du musée remonte à 1984 lors d’une exposition intitulée Moulages d’hier et sculptures d’aujourd’hui.  Trois artistes contemporains y ont montré la même passion pour des matériaux dont l’usage le plus habituel est de servir d’intermédiaire technique : le plâtre (Thérèse Chotteau), la feuille de plomb (Veerle Pinckers) et le film caoutchouc (Christine Wilmès).  Quant aux plâtres sortis des réserves du musée à cette occasion, ils étaient présents dans des vitrines ou encombraient certains espaces de l’exposition  pour rappeler ces lieux d’académie où les modèles longuement scrutés et dessinés par d’innombrables générations d’étudiants permettaient de s’échapper un instant jusqu’à Persépolis, Athènes ou Chartes… 

L’exposition Entre Grèce et Syrie.  Fernand Mayence,  consacrée en 1999 au fondateur des cours d’archéologie classique en 1907 à l’UCL, a été l’occasion de réintroduire les moulages au musée. La partie de l’exposition réservée à l’enseignement de l’archéologie dans notre université et celle rappelant le chantier  belge d’Apamée de Syrie initié par Franz Cumont, ont permis de présenter une série de moulages, y compris une maquette du portique d’Apamée de Syrie parmi d’autres documents d’archives.

La vitrine intitulée Le jardin des plâtres aménagée en 2001 dans le parcours du musée a été réellement la première manifestation visible du « Jardin des plâtres ». Sa mise en place coïncidait avec une exposition organisée dans le cadre de la célébration du 575e anniversaire de notre Université et la parution dans le Courrier du passant, bulletin du musée, d’un article consacré aux  moulages en Belgique. Le contenu de cette vitrine se voulait réellement une concrétisation du projet du « Jardin des plâtres » dans la limite des objets disponibles dans les collections du musée ou ailleurs dans l’université. Ailleurs dans le musée on pouvait également découvrir une vitrine évoquant par le moulage les anciennes collections pédagogiques de l’Université : zootechnie, derrmatologie, archéologie et histoire de l’art.

La section Mouler l’Antiquité  de l’exposition Images de l’Antiquité tenue en 2002 allait à nouveau permettre une présence remarquée de moulages dans nos espaces. Il est vrai que dans cette exposition thématique le présence de moulages allait plus facilement de soi aux côtés des sections réservées aux thèmes : dessiner, graver, photographier, filmer,  BDéiser , caricaturer,  commercialiser l’Antiquité.

Plus inattendue fut à nouveau la présence de moulages dans les salles du musée à l’occasion de l’exposition Traits d’union.  Portraits gravés du fonds S. Lenoir tenue en 2006.  C’est au moulage de l’Eros de Centocelle que revint en effet l’honneur d’introduire cette manifestation en illustrant le texte de Pline l’Ancien à propos de Dibutades et l’origine mythique du portrait. La mise en valeur de ce plâtre, sous un projecteur traçant l’ombre utile à la démonstration, lui conféra d’ailleurs, aux yeux des visiteurs, un statut d’original malgré une notice explicite et bien visible.   La galerie de neufs portraits en plâtre, aux côtés de portraits gravés dans une des salles fut très bien reçue probablement grâce aussi à la prestance du moulage de la statue d’Eschyne du Musée national archéologique de Naples.

Des moulages figurent à nouveau dans le parcours de notre musée au mois de mars 2007. L’installation d’une Boîte aux moulages a été l’occasion de rappeler l’existence de notre collection de plâtres maintenus en réserves ou disposés soit aux Halles universitaires, soit dans le bâtiment de la Faculté de philosophie et lettres. L’éclairage de la boîte étant normalement éteint, l’allumage restant à la discrétion des visiteurs.

Dans le parcours de l’exposition Goya, Mirò, Picasso.  Estampes espagnoles, une autre vitrine montrait encore des moulages aux côtés de gravures et d’autres objets originaux.

L'exposition Mythes et récits sacrés, inaugurée en novembre 2008 et ouverte jusqu'en mars 2009, fait cette fois la part belle aux moulages de sculptures de dieux et de héros de la Grèce antique sortis pour l'occasion des réserves. Une salle est même réservée aux plus grands d'entre eux : le Poseidon de Mélos, l'Athéna terrassant Encélade, l'Hermes de Praxitèle et les caryatides A et D du portique de l'Erechteion. L'aménagement de l'espace, l'éclairage artificiel et la possibilité d'un éclairage naturel sont autant d'éléments soulignant la force de ces reproductions à l'échelle des originaux. Le public y est particulièrement sensible et s'étonne de découvrir un tel patrimoine habituellement inaccessible.

 

Ces différents exemples illustrent une démarche inverse à celle généralement pratiquée, à savoir celle de présenter des œuvres originales, le plus souvent celles d’artistes contemporains, dans des musées ou collections de moulages.  Les musées de Berlin, Munich, Bâle, Bern, Lyon, … nous ont habitués à cette pratique depuis de nombreuses années.  La démarche du musée de Louvain-la-Neuve reste assez unique et constitue ainsi une manière différente d’approcher en tout ou en partie, au cœur des œuvres originales du musée, une collection de moulages considérée comme obsolète par certains.

B. Van den Driessche

 

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